Littérature


Une image peut-être vraie. Alix Cléo Roubaud
éditions du Seuil, « La Librairie du XXI°siècle », 2014. 

L’existence d’Alix Cléo Roubaud (1952-1983) fut d’une exceptionnelle intensité. Photographe, écrivain, complice de son époux Jacques Roubaud, amie du cinéaste Jean Eustache, elle a laissé une œuvre intime et profonde.
Après les trente ans qui ont suivi sa brusque disparition, ses photographies sont désormais conservées et exposées dans de grands musées. Mais un pan entier de son travail d’écrivain demeurait oublié.
Ce livre se fonde sur plus de six cents photographies inédites — dont une cinquantaine reproduite dans cet ouvrage —, des centaines de lettres et d’écrits pour éclairer la vie intime d’Alix Cléo Roubaud et la force de sa conception de la photographie. Malgré l’importance de ses archives, certains mystères persistent. Restituer cette vie fulgurante, découvrir ces images, pose aussi la question de la mémoire et de ses oublis.
Jacques Roubaud écrit dans sa postface : « Ce livre n’ignore pas la dimension autobiographique de l’œuvre d’Alix Cléo Roubaud, mais il relativise son importance. Le chapitre qu’Hélène Giannecchini consacre à l’étude poussée d’une des photographies conservées, Quinze minutes la nuit au rythme de la respiration, constitue, je pense, l’illustration la plus accomplie de la richesse de sa démarche. »

Postface de Jacques Roubaud.


 » Leurs images deviendront nos visions », avec Yannick Haenel, Being Beauteous, éditions Filigranes, 2015.

« Anne-Lise Broyer, Nicolas Comment, Amaury da Cunha et Marie Maurel de Maillé ont décidé de se regrouper, de penser ensemble leurs images, de les agencer comme un tout organique. Ils ont vécu des histoires parallèles ou semblables, malgré les singularités dont ils sont nécessairement porteurs et malgré la diversité des routes empruntées. Avec Being Beauteous, ils tentent de trouver un geste photographique commun. J’y vois une manière de réveiller un concept qui a une belle histoire, loin d’être désuet : celui de « communauté ». Après Georges Bataille, Jean-Luc Nancy et Maurice Blanchot, renouer les fils. Mais, dès lors que ce mot est prononcé, nous butons : nous butons contre le mur de l’absence de communauté. Nous sommes confrontés au questionnement suivant : s’il y a communauté, que défendez-vous ? Pensez-vous d’une seule et unique voix ? Ces questionnements nous éloignent du véritable enjeu, qui n’est jamais celui d’atteindre une vérité – et donc la vérité du groupe ou du collectif – mais plutôt d’expérimenter des possibles. » […] Léa Bismuth